Un groupe de jeunes experts en numérique s’était donné comme slogan enjoué : « C’est parti ! »
On ne savait où, mais on y allait.
Elle s’était surprise à utiliser la formule pour ouvrir un chapitre
ou tenter un projet,
consciente du décalage des registres
mais séduite par le mouvement qui s’invitait.
Elle s’abandonnait volontiers à cette promesse de voyage
galvanisée par le départ,
flattée qu’on veuille la prendre à bord,
ralliée à l’humour d’une formule engageante
qui obligeait mine de rien
à sortir des routines de pensée,
à se maintenir constamment
sur une rampe de lancement.
On était embarquée malgré soi dans l’envol du savoir.
Elle se suspendait à cette image
qui assurait les progrès de l’humanité
et légitimait cette course en avant à laquelle,
de tout son être,
elle acquiesçait.
© Guy Doyen
